J'ai passé mes dernières vacances d'été en Corse. Une superbe île ! Une des journées, alors que mon amoureux et moi nous baladions dans les rues, sous un soleil éblouissant, on s’est arrêté devant un hôtel luxueux, juché sur une petite rue discrète.
Piqués de curiosité, on a fait le tour de l’établissement. Près de l’hôtel, on s’est arrêté devant des orangers et des citronniers. Chaque chambre, munie d’un joli balcon, avait une vue sur ces arbres qui nous paraissaient bien exotiques.
Alors qu’on était en train de contempler les lieux et de se demander si nous pouvions manger ces fruits, on a entendu les gémissements d’une femme : «ooouuuhhh ! ahhhhh!».
On se regarde, on lève la tête. On ne voit rien, ni personne. Les gémissements et les soupirs continuent. Visiblement, un couple profite des plaisirs de la chair, les portes de la chambre bien ouvertes.
- «Ça vient de la chambre au deuxième balcon de l’hôtel», me pointe mon amoureux, voyant que je cherche du regard la provenance des cris.
Ce balcon de l’hôtel, à quelques mètres de nous, était à peine plus haut qu’un mètre. Le couple avait donc laissé les portes du balcon grandes ouvertes.
Quelques secondes plus tard, on entend à nouveau les gémissements de la femme, puis celui de l’homme, puis les deux ensemble.
Au lieu de nous éloigner, on est resté planté là.
- «Est-ce que tu les vois ?» demande-je, à mon copain, en faisant semblant de contempler les orangers.
Je voulais des détails, la situation était trop croustillante ! Mais je n’avais pas assez de «couilles» pour lever la tête et regarder par la fenêtre qui n’était pas très loin et pas très haute.
- «T’es gênée de regarder hein ?», me taquine mon copain.
- «Ouiii ! Allez, regarde-toi», lui demande-je gentiment, avec le sourire.
- «Bon, bon. Ah oui, je les vois… ils sont en train de le faire doggy style sur le lit !» me chuchota mon amoureux.
- «Hein !! Noooon !!!» (je faisait toujours semblant de regarder les orangers)
Mais cela en était assez pour faire partir mon imagination. J’imaginais une superbe femme avec de longs cheveux noirs, la peau basanée, un homme avec des cheveux noirs, mi-longs, bronzé aussi.
- «Tu les vois encore ?» demande-je à mon copain De quoi ont-ils l’air ? My God, tu penses qu’ils nous entendent ?» continuais-je, sans lui laisser le temps de répondre à la première question. Il s’amusait d’ailleurs de me voir si fébrile.
- «Si on les entend, c’est qu’ils nous entendent aussi, non ?» me répondit-il, toujours amusé.
- «Ah oui, c’est vrai ça. Chhhhut ! On va parler moins fort, mais on reste près des arbres.» (Je ne sais pas pourquoi mais les arbres étaient devenus mes objets d’espionnage !)
- Ils t’ont vu les regarder?»
- «Je ne suis pas sûr, je pense que le gars m’a vu».
-«Noooon !!»
Alors qu’on riait, j’ai levé la tête pour tenter de regarder par la fenêtre. Les ébats semblaient terminés. Et je n’ai rien vu. Le couple avait visiblement changé de pièce.
- «Ah ! J’ai tout manqué. Alors, ils avaient l’air de quoi ?», demandais-je à nouveau en me retournant vers mon copain.
- «Eh bien, le gars était grisonnant, un peu chauve, dans la cinquantaine ou soixantaine et la femme aussi dans la cinquantaine, blonde, cheveux très courts.»
- ……
- «Ben quoi ?»
- «C’est pas ce que j’avais imaginé !»
Bon. Là je vous passe les détails de la suite de la conversation.
Mais notre petite aventure m’a quand même fait réaliser que, pas une seconde, je me suis dis que le couple qu’on entendait pouvait être un couple de 50 ou 60 ans. Voire plus. Même si, par après, j’ai trouvé que c’était bien encourageant !
Automatiquement, j’ai imaginé des jeunes dans la vingtaine ou trentaine.
Peut-être parce qu’on ne parle pas assez de la sexualité des baby-boomers. Ou si on en parle, c’est dans des magazines spécialisés qui s’adressent aux baby-boomers ou encore aux personnes âgées.
Voici d’ailleurs un extrait du Petit Guide de la sexualité épanouie, publié aux éditions Tabou :
«Nos cultures obsédées par la jeunesse traitent souvent le sexe comme le domaine réservé des gens jeunes, beaux et dans le coup. La réalité, c’est que non seulement les gens plus âgés méritent une vie sexuelle, mais qu’en plus, ils ont la plupart du temps une sexualité beaucoup plus intéressante que lorsqu’ils étaient jeunes».
Les recherches démontrent aussi que les seniors tiennent à leur vie sexuelle et à l’épanouissement de celle-ci.
Selon une récente étude américaine, publiée dans le Journal of Sexual Medicine, deux américains sur trois, entre 75 et 85 ans, avaient une vie sexuelle active au court de l’année précédente. Chez les femmes du même groupe d’âge, c’est près de la moitié d’entres elles qui continuent à avoir du plaisir sous la couette. L’étude a été réalisée auprès de 3000 personnes.
Évidemment, être en santé physique et mentale, et être en couple, sont des critères qui permettent de faire durer sa vie sexuelle.
Par ailleurs, des chercheurs suédois ont révélé que les hommes et femmes âgées de 70 ans avaient une vie sexuelle plus active que ceux qui avaient le même âge, il y a 30 ans.
C’est peut-être bien une preuve que le plaisir croît effectivement avec l’usage ! Alors pourquoi ne pas en profiter le plus longtemps possible?